mercredi 9 février 2011

LAC VOSTOK

Des scientifiques russes sont sur le point d'atteindre les eaux d'un très ancien lac emprisonné sous 4 kilomètres de glace depuis des millions d'années en Antarctique.

Joint par l'agence Reuters via un téléphone satellite, le chef de la station polaire Vostok, Alexei Turkeyev, a déclaré qu'il ne reste plus qu'une mince couche de glace à forer avant d'atteindre les eaux du lac, baptisé Vostok par les scientifiques russes.

Recouverte par une couche de glace de près de 4 kilomètres d'épaisseur, cette vaste étendue d'eau, d'une taille comparable à celle du lac Ontario, est enfermée sous les glaces de l'Antarctique depuis plus de 15 millions d'années, selon les calculs des scientifiques.

Le fait que les eaux du lac Vostok n'aient pas été en contact avec l'atmosphère terrestre depuis autant de temps fascine les chercheurs pour qui ces eaux revêtent une valeur archéologique inestimable. Les scientifiques espèrent découvrir dans les eaux du lac Vostok des formes de vie très anciennes ou en apprendre davantage sur l'existence d'un écosystème dans ce lac privé de lumière et isolé de la surface depuis la formation de la calotte glaciaire de l'Antarctique.

Le forage de l'épaisse couche de glace qui recouvre le lac a été entrepris en 1998 par les Russes. Les opérations ont été arrêtées à quelques centaines de mètres de la surface du lac, pour éviter d'en contaminer les eaux. Dans les carottes de forage, les experts ont découvert la présence de bactéries vieilles de plus de 500 000 ans.

Le forage a repris cette année après de longues discussions internationales visant à s'assurer que ce forage était en conformité avec les termes du Traité de l'Antarctique. Certains scientifiques s'opposent aussi à la poursuite du forage en raison des risques de contamination qu'il représente pour cette précieuse étendue d'eau.

Le lac Vostok est le plus grand des 150 lacs sous-glaciaires répertoriés en Antarctique.
Radio-Canada.ca