Vendredi, la secrétaire d'État Hillary Clinton et la ministre de la Santé Kathleen Sebelius ont indiqué que l'étude qui a été menée de 1946 à 1948 était « clairement contraire à l'éthique » et « répréhensible ».
Environ 1500 personnes avaient participé à cette expérimentation, qui avait pour objectif de déterminer si la pénicilline, que l'on commençait à peine à utiliser, pouvait être utilisée pour prévenir des MST.
Dans un premier temps, les chercheurs avaient choisi comme cobayes des personnes vulnérables, y compris des gens atteints de troubles mentaux. Celles-ci n'ont pas été informées de l'objet de la recherche et de ce qui allait leur arriver.
Ces cobayes ont été encouragés à transmettre des maladies sexuelles. C'est le cas de prostituées qui ont ensuite eu des rapports sexuels avec des soldats ou des détenus.
Dans une deuxième phase, l'approche de la recherche a changé et a consisté à inoculer les maladies directement à des soldats, des prisonniers et des handicapés mentaux.
Les personnes infectées n'ont pas été traitées. Au moins un des cobayes est mort pendant la tenue de l'étude sans qu'il soit établi si l'expérience était elle-même à l'origine de son décès.
« Un crime contre l'humanité »
Informé jeudi par les Américains de l'existence de cette étude, le président du Guatemala, Alvaro Colom, a fortement réagi. Il a déclaré que « ce qui est arrivé à l'époque est un crime contre l'humanité et le gouvernement se réserve le droit de porter plainte ».
Pour leur part, les représentants américains ont dit être « révoltées qu'une recherche aussi répréhensible ait pu être menée en invoquant la santé publique ». Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a indiqué que le président Barack Obama devait joindre par téléphone son homologue guatémaltèque pour lui présenter « personnellement ses excuses » vendredi soir.
L'étude, qui n'a jamais été publiée, a été rendue publique cette année après que Susan Reverby, une historienne médicale du Wellesley College, soit tombée par hasard sur des documents d'archives mentionnant cette expérimentation. Elle a été menée par un controversé docteur américain, John Cutler.
D'ailleurs, le directeur des Instituts nationaux de la santé, Francis Collins, qui a décrit l'étude comme étant un « chapitre noir de l'histoire de la médecine », a souligné que le directeur de la Santé américain de l'époque, Thomas Parran, avait vraisemblablement été mis au courant de l'expérimentation.

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