vendredi 13 juin 2008

CRISE ALIMENTAIRE, PAS AU CANADA

Il n'y a pas eu de ruée vers les épiceries à rabais. Peu de Canadiens ont changé leurs menus, mangent moins de viande ou ont cessé de mettre du beurre sur leur pain. Mais où est donc cette crise alimentaire dont tout le monde parle?

Certains pays doivent composer avec une hausse vertigineuse des prix alimentaires. Du simple au double dans certains cas. Et pas seulement dans les pays en voie de développement: hausse de 7% du prix global des aliments en Europe et de 6% aux États-Unis, juste de l'autre côté de la frontière. Et ici? Le Canada doit vivre avec une petite augmentation de 1,2%. Pas étonnant que la plupart des consommateurs ne s'en soient même pas aperçus.

«Le Canada se trouve dans une situation unique pour contrer la tempête causée par la montée abrupte des prix des céréales et du riz et pourrait même profiter de la montée en flèche actuelle», révèle une nouvelle étude de Statistique Canada.

Le calcul est simple: le pays est un grand producteur de céréales, qu'il exporte à des prix records depuis des mois, et il importe des fruits et des légumes, surtout l'hiver, à petit prix. Même que certains fruits exotiques se sont vendus moins cher en 2007. De plus, contrairement à la croyance populaire, les Canadiens mangent beaucoup de produits locaux, plus de 70% au total. La viande, les produits laitiers et les produits céréaliers sont très majoritairement canadiens. Reste tout ce qui ne peut être produit ici, le café et le thé notamment, qui pèse peu dans la balance commerciale. L'année dernière, les échanges du Canada pour les aliments se sont soldés par un excédent de 9 milliards de dollars. Cette année s'annonce aussi profitable.

«La situation est parfaite pour ce pays», affirme l'analyste Philip Cross, auteur de l'étude. Il note aussi que les agriculteurs profitent, évidemment, de cette hausse, de même que toute l'industrie de l'agriculture.

La force du dollar canadien a aussi joué un rôle de tampon dans le prix des denrées, dit-il. Ce qui explique que les États-Unis, avec un modèle semblable, vivent plus difficilement la crise.
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@cyberpresse