dimanche 20 novembre 2011

LA GRANDE MURAILLE D'AMÉRIQUE

Rebbecca MacKinnon, de la New America Foundation et fondatrice de Global Voices Online, y rapporte qu’un projet de loi à l’étude aux États-Unis permettrait au procureur général de créer une liste noire de sites devant être bloqués. Vous avez bien lu. Une liste noire de sites interdits.

Cette liste noire serait transmise aux fournisseurs de services Internet, aux moteurs de recherche, aux fournisseurs de paiement et aux réseaux de publicité pour les contraindre à ne diffuser ni l’adresse Web du site ni son contenu.

Je vais l’écrire autrement.

Une autorité centrale pourrait décider de bloquer des sites Web et d’empêcher les internautes d’y accéder en forçant les intermédiaires (fournisseurs d’accès Internet, moteur de recherche, etc.) à ne pas afficher les pages en question.

J’insiste pour le dire plus directement encore, afin de dissiper tout doute.

Si un Américain voulait accéder à un site et que ce site se trouvait sur la fameuse liste noire, il ne le pourrait tout simplement pas si cette loi était adoptée.

Cette liste noire serait élaborée de façon discrétionnaire, sans qu’aucune cour ait au préalable statué sur son contenu. Arbitrairement, quoi.

Donc. Je reprends (je veux être sûr de ne perdre personne en cours de route).

Une autorité centrale pourrait censurer arbitrairement des sites Web pour empêcher la population d’accéder à ce qu’elle considère comme des contenus subversifs.

Toute ressemblance avec le parti unique chinois et sa grande muraille pare-feu informatique ne serait que pure coïncidence. Car ce n’est pas de censure politique dont on parle aux États-Unis, seulement de protection des droits d’auteur.
Martin Lessard - Triplex/Radio-Canada

Une vidéo qui dénonce ce projet de loi: