samedi 9 juillet 2011

PUCES ÉLECTRONIQUES : LOI VOTÉE DANS L'INDIFFÉRENCE

Toute la population française de plus de 15 ans sera fichée et biométrisée... Pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée, a expliqué Claude Guéant : bienvenue chez Big Brother.

Jeudi a commencé et s'est terminée, à l'Assemblée nationale, la discussion de la proposition de loi relative à la protection de l'identité, visant à instaurer des cartes d'identité à puces. Elle a précédemment été adoptée par le Sénat en première lecture fin mai. Et par l'Assemblée Nationale jeudi. Tranquillement, et dans l'indifférence générale. 11 députés (ONZE) étaient présents. La protection de l'identité taraude le député.

De quoi s'agit-il ? Du fichage de toute la population française de plus de 15 ans. Le tout, présenté par notre ministre de l'Intérieur préféré. Prétexte : l'usurpation d'identité. Méthode : la carte d'identité biométrique, et la centralisation des données dans un grand fichier.
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Claude Guéant a donc présenté la "puce régalienne" et la "puce de services dématérialisés" facultative, LA solution au drame de l'usurpation d'identité. Son discours à l'Assemblée fut prononcé en langue de bois administrative ordinaire, avant de virer au slogan publicitaire : "Deux composants", chanta-t-il aux 11 députés qui avaient fait le déplacement, "pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée". Il manque une petite musique façon touloulou, comme à la RATP, et le petit logo façon Conseil Général.

Il y aura, selon le projet, deux puces dans les cartes d'identité numérique. Deux.

La première puce est dite "régalienne", et contiendra les informations suivantes : nom de famille et d'usage, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, domicile, taille et couleur des yeux, empreintes digitales (huit doigts) et photographie d'identité. Toutes ces informations seront fichées dans un banque de données centralisée. Comme celles du passeport.
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Le caractère policier et totalitaire de cette mesure est naturellement accablant, puisque (il faut écouter les débats) une simple empreinte permettra de retrouver l'identité d'une personne.

Mieux, la possibilité de reconnaissance faciale des individus, en couplant les dispositifs de surveillance vidéo et les infos des données biométriques, se profile à l'horizon.

Pour la députée SRC Delphine Batho, c'est clair : "Le véritable objectif de ce texte, c'est le fichage biométrique de la totalité de la population à des fins de lutte contre la délinquance". Sandrine Mazetier (députée SRC) partage son point de vue. "Ce texte a clairement un objectif policier. (...) Il semble totalement disproportionné de mettre en place un fichage généralisé de la population française pour lutter contre 15.000 faits d'usurpation d'identité constatés par la police."

Mais ça n'est pas tout : dans cette carte d'identité officielle, il y aura aussi une puce "de services", optionnelle, rendant possible l'enregistrement "de données permettant à son titulaire de s'identifier sur les réseaux de communication électroniques et de mettre en œuvre sa signature électronique".

Qu'est-ce qu'un dispositif permettant d'effectuer des achats vient faire sur une carte d'identité ? Comment le ministère de l'Intérieur peut-il prêter la main à des dispositifs commerciaux ? Le procédé, au delà de ses applications policières, fait frémir : les citoyens deviennent avant tout des consommateurs, et le Ministère de l'Intérieur se reconnaît une fonction de garantie des transactions commerciales.

La cœxistence, dans une seule pièce d'identité, de dispositifs de fichage de la population et de sécurisation des moyens de paiements, ouvre la porte sur un avenir terrifiant : une société totalitaire de consommateurs, fichés, fliqués, recensés, surveillés.

Et c’est ce dispositif qui a été voté jeudi, par 11 députés présents, en catimini, dans l’indifférence générale. "Pour une identité mieux protégée et une vie simplifiée".
nouvelobs

4 commentaires:

Anonyme a dit...

Les puces electroniques sont encore plus facilement falsifiables que les cartes d'identités imprimées. Pour comprendre le raisonnement des dirigeants, il faut se rappeler du niveau de leur culture informatique de base qui a conduit à la loi HADOPI. C'est de la misere intellectuelle, pas plus. meme pas peur.

Anonyme a dit...

il suffit de passer la carte d'identité dans le four à micro onde quelques secondes :)) et c'est cuit

Anonyme a dit...

Falsifiable ? N'importe quoi, ça dépends de l'argent que l'on veux y mettre. Et un gouvernement qui te fait payer pour te mettre sa laisse, il va pas prendre n'importe quoi.

Depuis des années y'as des puces rfid qui fonctionnent presque comme un petit ordinateur, avec des sections de chiffrement 256 bits, et ce juste avec l'énergie de l'induction de la "base", la borne rfid (le terme technique d'une puce est le "tag"). Le truc c'est d'y mettre l'argent, ces puces coutent beaucoup plus cher, et généralement utilisées dans les banques et les zones sensibles.

Ça rends les choses un peu moins évidentes.

Mais le défis est intéressant pour les 'hackers', dans le vrai sens du terme, pas ceux que les médias nous montrent. Au mieux ce qui se fait actuelllement c'est une copie de puce, et encore sur des puces qui n'utilisent pas de système de crypto.

dootjeblauw a dit...

Les paiements en ligne sur les sites sérieux sont déjà sécurisés (un cadenas s'affiche dans la barre d'adresse). Je pense plutot que cette carte sera le début d'un controle de tout internet (il faudra insérer la carte pour etre autorisé à surfer sur le net) et qu'elle deviendra aussi le seul moyen de paiement.