lundi 12 juillet 2010

ACUPUNCTURE ÉLUCIDÉE ?

(...) En utilisant des méthodes de prélèvement microscopique, les biologistes ont réalisé de petites biopsies à proximité des sites d'implantation des aiguilles et ont constaté la présence de fortes concentrations d'adénosine, une molécule analgésique produite à partir de la molécule d'ATP, la source d'énergie de l'organisme. La pointe des aiguilles endommage la membrane des cellules situées sur leur passage, provoquant une « fuite » d'ATP hors des cellules.

Les biologistes ont montré que l'adénosine se fixe sur une classe particulière de récepteurs présents à la surface des neurones, les récepteurs de l'adénosine de type 1. Ils ont par ailleurs mis en évidence que l'acupuncture n'a plus d'effet dès que ces récepteurs sont bloqués par des moyens pharmacologiques, ou chez des souris qui en sont génétiquement dépourvues.

Cette étude ouvre la voie à des traitements de la douleur combinant acupuncture et médicaments. Par exemple, un principe actif, la déoxycoformycine, favorise la production d'adénosine à partir d'ATP. Injectée aux souris peu avant une séance d'acupuncture, la déoxycoformycine triple la durée de l'effet analgésique. Des substances dérivées de la déoxycoformycine pourraient ainsi être utilisées chez l'homme en association avec l'acupuncture, dans le traitement des douleurs chroniques. Cela pourrait aussi être le cas de composés se fixant sur les récepteurs de l'adénosine de type 1... et qui restent à découvrir.
pour la science